Qu’est ce que le « Nouvel ordre mondial » ?

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Nous allons aborder un sujet (très) houleux : le Nouvel ordre mondial.

Souvent considéré comme une idée purement conspirationniste ou alimentant divers fantasmes délirants, l’idée de Nouvel ordre mondial reflète pourtant de nombreux éléments véridiques, même les dirigeants politiques en parlent ouvertement et de grand politologues ont fait usage de l’expression couramment dans l’histoire récente.

Il conviendra de LARGEMENT nuancer la notion de Nouvel ordre mondial afin de ne pas tomber dans les divers travers etc… Le but n’est pas de se mettre à dos tout le monde sous tel ou tel motif. Vpolitique est un site axé uniquement sur des faits vérifiables, des éléments prouvés pour vous garantir au mieux une information fiable et de qualité. Nous allons nous baser sur du béton armé afin de vous éclairer au mieux sur ce sujet dont le mot « complexe » serait peu dire.

Rappels historiques et quelques bases

En premier lieux, le concept de « Nouvel ordre mondial » n’est pas tout neuf. Il est apparût à la fin de la guerre froide, désignant un monde unipolaire dirigé par une seule superpuissance : les USA (l’autre superpuissance s’étant effondrée). Cette expression désigne l’alignement idéologique, politique et militaire des gouvernements et organisations internationales vers cette unipolarité incarnée par Washington. Progressivement, cette expression a évolué pour désigner aujourd’hui quelque chose de plus vaste encore : une gouvernance mondiale.

Qu’est-ce que la « gouvernance » ? Et bien c’est tout le contraire du mot « gouvernement ». Le mot gouvernance désigne des acteurs privés qui exercent un contre-pouvoir (illégitime) sur les instances politiques légitimes. Par exemple, un lobby très puissant, peut concurrencer en puissance des pouvoirs étatiques (législatif, exécutif, judiciaire etc…). C’est donc lorsque autre chose qu’un gouvernement dirige un pays qu’on peut parler de gouvernance vis à vis de ce pays. Ainsi, quand nos gouvernements donnent beaucoup de pouvoir vers l’UE (institution supranationale non-étatique composée de membres non-élus), les pouvoirs nationaux transférés ne sont plus sous le contrôle d’un gouvernement, mais sous celui de la gouvernance, en l’occurrence, celle de l’UE. Le problème avec la gouvernance, c’est qu’elle ne répond à plus aucune attente « démocratique ». Elle pourrait donc en théorie prendre des décisions pouvant porter préjudice aux peuples (et ce… légalement, car l’Etat dominé par cette dernière l’a accepté en vertu de ses textes…).

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Il y a de plus en plus de pouvoirs transférés des nations vers cette gouvernance. Mais qui est la « gouvernance » aujourd’hui ? Et bien, beaucoup de monde ! L’OMS, l’ONU, la Banque Mondiale, l’UE, l’OTAN, le FMI sont des exemples parmi tant d’autres de gouvernance. A terme, l’idée de Nouvel ordre mondial suggère un remplacement des états existants par ce type d’institutions. Institutions qui formeraient une super-état, un état mondial. C’est la thèse la plus connue (celle de l’empire global).

Piège à éviter : la mondialisation et le mondialisme, ce n’est pas la même chose

Dans l’histoire il y a eu de nombreuses mondialisations. Que ce soit dans la Rome antique, à la Renaissance et j’en passe. Dès qu’un nouveau moyen de transport ou nouvelle technologie étaient découverts, il y avait une période d’intensification des échanges qui s’en suivit. Et bien, c’est ni plus ni moins ça une mondialisation ! De nos jours, il y a tellement de moyens de transports et de technologies que la mondialisation qui s’en suit est hors norme, unique dans l’histoire. Elle a cependant contribué à enrichir (depuis la révolution industrielle) un groupe de personnes (très) restreint. Ces personnes et leurs familles sont devenus la nouvelle élite (remplaçant peu à peu la suprématie de l’ancienne élite mondiale : le Vatican et les monarchies européennes). Encore aujourd’hui, beaucoup de grands groupes internationaux sont issus de ces familles. Mais outre ces effets négatifs, la mondialisation a eu pour effet la montée en puissance de pays autrefois dominés à l’image de la Chine, de l’Inde ou du Brésil. Cela permet de redistribuer les cartes au niveau des pays du monde. Ainsi, la mondialisation permet l’émergence de nouvelles puissances… (et la diminution du pouvoir des anciennes puissances).

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Le mondialisme, lui, est différent. Alors que la mondialisation est un terme économique, le mondialisme est un terme politique. Alors que le premier n’est pas planifié par une élite (bien que cette dernière en profite), le second l’est, car il est une idéologie (bien que comprenant un certain nombre de variantes en allant de gauche à droite politiquement).

Théorie de l’empire global (soumissions (de force) des nations)

Ce qui nous en vient à parler de cette théorie de l’empire global. Cette théorie considère les événements politico-économiques internationaux survenus depuis 1989 comme témoins de la transition de l’humanité vers un « empire global », qui dans un premier temps correspondrait à un ordre mondial polarisé autour d’une seule puissance : les États-Unis. Cette théorie est soutenue par le célèbre politologue américain Zbigniew Brzeziński, conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter.

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Pour maintenir leur hégémonie et devancer la prééminence de rivaux comme la Chine, la Russie ou le Japon, Brzezinski estime que les États-Unis devront s’allier avec l’Europe pour dominer l’Eurasie en cooptant ses élites. Notons à cela que pour accomplir ces buts, les USA n’hésitent jamais de passer par la force (complexe militaro-industriel très puissant orientant la politique US).

Les États-Unis ont besoin d’un « partenaire » européen, pour ne pas dire un vassal, mais comme l’Europe est trop divisée, Brzezinski est partisan d’une coopération étroite entre les trois pays d’envergure mondiale d’Europe : le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne (via l’UE et l’Otan). La suprématie sur l’Eurasie est stratégique parce qu’elle contient les 34 des ressources naturelles en matière d’énergie et représente 60 % du PIB mondial. Le contrôle de l’Asie centrale est le principal objectif (ce qui nous permet de comprendre les tensions USA-Russie et beaucoup d’autres éléments (ingérences, Afghanistan etc…). Le pays leader contre le Nouvel ordre mondial US étant la Russie de Poutine…

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Par ailleurs, il n’est pas possible d’arriver à un consensus international, sauf dans le cas de la « perception d’une menace extérieure directe et massive », ce qui fait penser aux rhétoriques alarmistes telles que la guerre contre le terrorisme et le réchauffement climatique.

Contestations de la théorie

L’évolution générale du monde politique se caractérise par la naissance de grands pôles politico-économiques comme l’Union européenne, l’Union des nations sud-américaines, l’Union Eurasienne, la Ligue arabe ou encore la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Mis ensembles, ces blocs doivent constituer l’architecture générale d’une gouvernance mondiale dotée d’une monnaie planétaire. Là ou il y a contestation de la théorie (notamment entre les différentes factions mondialistes), c’est que la gouvernance ne nécessiterait pas forcément un gouvernement mondial et pourrait être organisée avec des institutions de coopération entre les pays (ce sont là les différentes théories mondialistes qui s’affrontent).

À partir des années 2000, les États-Unis connaissent un certain nombre d’échecs, fréquemment associés à des erreurs commises spontanément. Ces erreurs conviennent mal à une nation disposant en théorie d’une puissance suprême, on peut citer :

  • les difficultés rencontrées dans la gestion de la guerre d’Irak après 8 années de présence ;
  • les difficultés rencontrées dans la gestion de la guerre en Afghanistan, après 10 années de présence ;
  • la grave crise bancaire, économique et sociale survenue à partir de 2008, et qui, partant des États-Unis, a contaminé une grande partie de l’économie mondiale, y compris les pays alliés des États-Unis.
  • les difficultés face à la Russie, la Chine, la Corée du nord, l’Iran et leurs alliés qui sont coalisent pour contrecarrer la politique internationale US.

Les irakiens fêtent le départ des américains

La suprématie du dollar comme monnaie de réserve rencontre de plus en plus d’opposition, et plusieurs acteurs mondiaux envisagent de restreindre son importance dans le commerce international. Enfin l’émergence de la Chine comme nouvelle puissance économique de premier plan et la montée en puissance de l’Organisation de Coopération de Shanghaï contribuent à rendre caduque l’unilatéralité qui marquait les relations internationales dans les années 1990 ( vpolitique.com/russie-locs-lotan-peur ). Tout cela mis ensemble pourrait (il faut rester dans le conditionnel) d’ailleurs mettre à mal le « Nouvel ordre mondial » tel que vu en haut. Les pays concurrents des USA souhaitant un Nouvel ordre mondial multipolaire… Pour savoir si le projet mondialiste aura lieux ou non, il conviendra de rester attentif à la politique des pays « opposants » notamment en suivant leurs présidentielles et leurs décisions. (Je pense notamment à la présidentielle russe de mars 2018…)

La suite du sujet est à suivre dans un prochain article…

 

 

1 commentaire sur “Qu’est ce que le « Nouvel ordre mondial » ?”

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