Maïdan 3.0, situation économique et sociale, guerre dans le Donbass – L’Ukraine s’enfonce de manière irrémédiable dans le chaos

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Lorsqu’on regarde la convergence d’événements qui ont lieu en Ukraine, on y voit le chaos grandir sans cesse de manière inexorable, comme un incendie gagnant toujours plus de terrain de manière totalement imprédictible.

C’est ce côté imprévisible de la façon dont les événements s’enchaînent en Ukraine qui rend toute prédiction ou anticipation des évolutions à venir très difficile. Ce que l’on pensait hier prendre quelques semaines, peut finalement prendre des mois, et inversement, en fonction de l’ajout ou non d’huile sur le feu déjà bien galopant. Mais la tendance globale reste la même : un accroissement constant de l’entropie du système appelé « Ukraine ».

Alors que la ville de Marioupol est toujours sans eau chaude ni chauffage depuis six mois, pour cause de dette de gaz non payée par la municipalité, et que l’Ukraine tire de plus en plus sur ses centrales nucléaires en mauvais état, pour compenser le fait qu’elle a dû arrêter la plupart de ses centrales électriques à charbon faute de combustible, l’hiver promet d’être particulièrement dur pour les Ukrainiens cette année à cause du déficit en charbon.

Car sur les 4 millions de tonnes de charbon qui font actuellement défaut à l’Ukraine, 3 millions doivent absolument être de l’anthracite. Or, à part les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) qui sont désormais sous blocus commercial total, le seul autre pays qui peut fournir cette qualité de charbon, c’est la Russie ! Et c’est là qu’on voit que la politique russophobe des autorités ukrainiennes actuelles confine au suicide collectif.

Le déficit de charbon est tel, que l’expert Valentin Zemlyansk a déclaré que l’Ukraine n’avait jamais connu une situation aussi catastrophique, même dans les années 90, après la chute de l’URSS. Pour lui, l’Ukraine risque de se retrouver à court de charbon dès le milieu de l’hiver, vers le mois de janvier. Sans charbon, les Ukrainiens risquent d’utiliser au maximum des radiateurs électriques pour compenser l’absence de chauffage et ne pas mourir de froid.

En sachant que sans livraisons de charbon suffisantes, l’Ukraine ne pourra quasiment compter que sur ses centrales nucléaires mal entretenues et antédiluviennes, on imagine sans peine le niveau de risque d’un nouveau Tchernobyl que cette situation pourrait engendrer.

Enfin, si les Ukrainiens arrivent à continuer de payer leurs factures d’électricité, et en ce domaine, rien n’est moins sûr, au vu de la chute vertigineuse que le niveau de vie des Ukrainiens connaît depuis l’Euromaïdan. C’est Ioulia Tymochenko elle-même qui l’a déclaré sur le plateau de la chaîne télévisée ukrainienne 112.

« Malheureusement, l’Ukraine est classée dernière de tous les anciens pays soviétiques en termes de PIB par habitant. [] En 2008, le PIB nominal par habitant, c’est-à-dire quand j’étais Premier ministre, était de 8 000 dollars par habitant. Et c’était l’un des premiers au sein des pays de la CEI. Et aujourd’hui, il est de 2 000 dollars par habitantLe PIB par habitant a été divisé par quatre, et, en fait, c’est le niveau de vie des gens, » a-t-elle déclaré.

Un niveau de vie divisé par quatre, il n’y a pas à dire, le résultat du Maïdan précédent (la révolution de la dignité comme ils l’appellent) a été une grande réussite…

À Kiev, pendant ce temps-là, Saakachvili continue de semer le chaos, en laissant aux autorités ukrainiennes jusqu’au 7 novembre pour voter la levée de l’immunité parlementaire, la création d’un cour anti-corruption et la modification du système électoral. Faute de quoi, promet Saakachvili, une nouvelle manifestation aura lieu devant la Rada avec 40 000 personnes. Le village de tentes quant à lui se maintient devant la Rada, grâce à un financement généreux, qui permet de payer chaque manifestant 150 hryvnias pour deux heures (et la nourriture est fournie), plus une prime de déplacement qui monte à 800 hryvnias pour ceux qui viennent depuis Marioupol, alors que le transport leur est payé aussi.

Le but évident de Saakachvili est de destituer Porochenko, et ses déclarations le montrent amplement, comme celle où il propose déjà de futurs candidats pour briguer le poste de président ukrainien : Victor Tchoumak, Ioulia Tymochenko, et Anatoliy Grytsenko. Si l’ancien président géorgien a déjà prévu les éventuels remplaçants pour Porochenko, c’est que le plan prévoit qu’il ne restera pas à son poste. CQFD.

Et quand on regarde l’implication importante des ultra-nationalistes dans ce Maïdan 3.0, et les provocations et attentats qui ont frappé deux d’entre eux (un commandant de bataillon et un député) à quelques jours d’écart, on se dit que la poudrière de Kiev risque bien de s’enflammer sous peu.

Que ces actes aient été des tentatives ratées de Porochenko pour se débarrasser de chefs ultra-nationalistes devenus dangereux pour lui, ou de provocations délibérément orchestrées pour exciter les ultra-nationalistes contre Porochenko, le résultat final risque bien d’être le même pour celui qui occupe actuellement le poste de président de l’Ukraine.

D’ailleurs on en voit déjà les prémices avec le blocus de l’usine Roshen à Vinnitsa (qui appartient à Porochenko) par les radicaux ukrainiens depuis samedi soir. Le même jour, ils ont annoncé vouloir aussi bloquer le centre logistique de l’entreprise situé près de Kiev, et ont déclaré que Roshen devrait être nationalisée.

Il faut dire que le fait que Porochenko n’ait toujours pas vendu son entreprise alors que son poste de président rend cette démarche obligatoire, et que cela lui a permis de continuer à augmenter sa fortune de 7 % en 2016 pour atteindre un milliard de dollars, alors que la population ukrainienne a vu son niveau de vie divisé par quatre en quelques années, cela a de quoi exciter les ultra-nationalistes autant que le reste de la population.

Et quoi de mieux dans une telle situation que de dériver l’attention de la population mécontente vers une bonne guerre ? Surtout quand votre patron, pardon, partenaire américain, vous en donne le feu vert… Car c’est bien ainsi qu’il faut interpréter l’autorisation que Kurt Volker (représentant américain en Ukraine) a donné à Kiev d’appeler officiellement la Russie « état agresseur ». Cela équivaut à un blanc seing pour relancer la guerre à grande échelle dans le Donbass.

Une crainte exprimée par Alexander Hug, le chef adjoint de la MSS de l’OSCE en Ukraine, au vu du nombre croissant de violations du cessez-le-feu depuis un mois.

« Toutes ces violations ne sont rien d’autre qu’un conflit qui couve, et personne ne sait à quel stade [du conflit] nous en sommes maintenant. Nous ne pouvons pas ignorer les faits et espérer que la situation restera la même. L’augmentation progressive du nombre de violations couplée à la présence d’armes prohibées, et le déploiement rapproché des forces et des installations sont une sonnette d’alarme, dont nous devons sérieusement tenir compte, » a ainsi déclaré Hug lors d’une réunion à Kiev.

L’OSCE craint désormais une reprise des hostilités qui se ferait de manière extrêmement rapide, brutale et totalement imprévisible.

Or, au vu de l’état de l’armée ukrainienne, cela reviendrait à un suicide militaire collectif pur et simple. Jamais une armée moderne n’a eu de pertes hors-combat (10 103 en trois ans !) presque aussi élevées que ses pertes officielles au combat (10 710) ! Seule l’armée ukrainienne a réussi ce tour de force.

Bien sûr l’état-major ukrainien conteste les chiffres du procureur militaire général pour essayer de sauver la face. Mais Matios a un capital crédibilité bien plus élevé que l’état-major ukrainien depuis qu’il a dévoilé à plusieurs reprises les cadavres que ce dernier essayait de cacher dans ses armoires (comme le bataillon Tornado par exemple).

Ces chiffres alarmants ont fait dire à Frants Klintsevitch vice-président de la commission de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération de Russie, que « l’armée ukrainienne s’est engagée dans une spirale d’autodestruction ». Malheureusement pour l’Ukraine, il n’y a pas que son armée qui s’est engagée dans une telle spirale, c’est le pays tout entier qui file tout droit vers l’annihilation.

Christelle Néant

 

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