Pourquoi le Japon se porte bien malgré 245% de dette ?

Avec pas moins de 245% de dette de son PIB enregistré en 2011, le Japon est pourtant bien loin du défaut de paiement selon le FMI.

Avec plus d’un million de milliard de yens, soit plus de 7400 milliards d’euros, la dette japonaise semble battre tous les records. La Grèce semble faire pâle figure à côté avec ses 170%. Mais à la différence de la Grèce, l’archipel Nippon ne doit de l’argent à aucune organisation internationale.

En effet, c’est surtout auprès de sa population que le pays doit cette dette. De facto, malgré une alliance avec les USA, le Japon ne semble pas tellement se trouver en situation difficile face au mondialisme financier, bien loin de là…

Le Japon est le 10e pays le plus peuplé du monde avec 127 millions d’habitants pour à peine 377 488 km2. Tokyo, la capitale, compte dans son agglomération quelques 36 millions d’habitants, c’est la plus grande aire urbaine et la ville la plus riches au monde.

Un pays intouchable ?

Le Japon est d’ailleurs l’un des principaux contributeurs à certaines organisations mondialistes tel que le FMI ou encore la Banque Mondiale. Mais à la différence de l’Occident, le pays étant justement le créancier de ces organisations, il  est intouchable notamment face aux pressions de ces organisations. Ce qui n’est absolument pas le cas de la Grèce, qui doit, elle, de l’argent au FMI. Cette dernière a été victime de spéculations (notamment de la banque Lehman Brothers), mais également de toute la politique européenne, l’UE n’étant rien d’autre qu’une organisation internationale, elle aussi.

Premier créancier du monde

« Un scénario grec est hautement improbable pour le Japon », commente Marcel Thieliant, analyste de Capital Economics. La principale raison à cela, c’est que l’archipel peut s’appuyer sur une épargne gigantesque de ses citoyens. Comme la confiance est établie entre les autorités, les pouvoir financiers et la population, le taux d’épargne est donc naturellement élevé. C’est le peuple japonais et les investisseurs japonais qui détiennent 90% dette ! Les 10% restant sont contrôlés par le système bancaire étranger, et représentent aussi les obligations du Japon envers d’autres pays. Mais 10%, c’est insuffisant pour exercer des pressions similaires à la Grèce. La Banque du Japon (BOJ) a lancé en avril 2014 un vaste programme de rachat d’actifs.

Locaux de la BOJ à Tokyo.

« Malgré la peur d’une déflation, le Japon reste une économie très puissante, la 3e de la planète »

« Ne pas appartenir à une union monétaire autorise une marge de manoeuvre beaucoup plus importante », indique M. Thieliant. « Contrairement à la BOJ, la Banque de Grèce ne peut pas acheter d’obligations sur le marché secondaire tant que la Grèce reste dans la zone euro ». Et c’est sans compter le grand nombre de placements japonais à l’étranger. Là aussi c’est de nature à rassurer les investisseurs sur la santé de l’économie Nippone. Le montant net de ces investissements, fin 2014, s’élevait à 2530 milliards d’euros. Malgré la peur d’une déflation, le Japon reste une économie très puissante, la 3e de la planète. Depuis l’arrivée au pouvoir du premier ministre Shinzo Abe, des milliards ont été dépensés pour financer des grands travaux publics (digues anti-tsunamis, prévention des désastres, lignes à grande vitesse, aéroports etc…). Ces budgets ont également permis de dynamiser la consommation intérieure.

« Le fameux « AAA » fût perdu dès 1998 »

Le pays n’a pas toujours été endetté comme c’est le cas aujourd’hui. En 1992, il dégageait un excédent budgétaire, la dette n’atteignant que 70% du PIB. Mais avec plus de 20 ans de déficit (depuis 1993), la dette japonaise atteint un niveau inédit dans les annales de l’OCDE, chose qui est inacceptable pour les agences de notation et organisation internationales. Ces dernières lancent de nombreux avertissements aux autorités japonaises. Le gouvernement faisant fît de ne rien entendre. Fitch et Moody’s ont dégradé le pays d’un cran de sa note souveraine. Le fameux « AAA » fût perdu dès 1998. Une grande partie de la dette a explosé en raison du vieillissement de la population. Il faut en effet avoir les moyens de financer les retraites.

Japon - Dette brute publique en % du PIB 2015

Priorité à la relance ?

« Vu le niveau sans précédent de sa dette publique, le Japon pourrait subir une perte de confiance dans la viabilité de ses finances », prévient Randall Jones, spécialiste de l’OCDE sur le Japon, interrogé par l’AFP. « Un tel scénario aurait des répercussions conséquentes sur le reste du monde, étant donné la taille de l’économie nippone et son vaste stock d’actifs étrangers », souligne-t-il. Or, il s’agit de cette confiance qui permet de cimenter l’économie japonaise malgré cette dette énorme. La priorité du gouvernement est de favoriser le plus possible la croissance. Car si il y a de la croissance, il sera d’autant plus aisé de réduire la dette (et avec elle l’inflation). On peut dire dès lors que la santé de l’économie du pays se mesure principalement à sa croissance. Et donc avec ce raisonnement, une politique d’austérité serait impensable. Il y a donc nécessité de faire une politique de relance pour favoriser cette croissance !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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